Observer les Ornithorynques dans la Nature – C’est possible en Australie !

Connaissez-vous L’Ornithorhynchus anatinus ? Ou plus simplement l’Ornithorynque ? Oui évidemment quelle question ? Mais le connaissez-vous vraiment ? Et en avez vous déjà vu EN VRAI dans la nature ? Non ???? Cet article est fait pour vous !

De tous les animaux que j’ai eu la chance de croiser en Australie, bien sûr les reptiles ont attiré une très grande partie de mon attention. Mais l’animal qui m’a le plus ébahi est un mammifère très spécial qu’il me tardait de vous présenter : L’Ornithorynque.

 

Mais c’est une blague !??

C’est à peu de chose près ce que les scientifiques de l’époque ont crié en voyant le premier ornithorynque naturalisé. En effet, remettons les choses dans leur contexte. Nous sommes en 1798, le Capitaine John Hunter, gouverneur de la Nouvelle Galles du Sud, fit envoyer un pelage et des dessins d’Ornithorynques à ses copains en Grande-Bretagne.

un ornithorynque empaillé gardé au MHNN
Voici a quoi ressemble un des premiers ornithorynques empaillés. Bien déformé par le taxidermiste de l’époque…

Évidemment, la dépouille du pauvre animal est reçue comme un gros canular. L’animal fut quand même décrit dans un registre naturaliste en 1799 par George Kearsley Shaw. Ce dernier se senti obligé de mentionner qu’il était impossible de ne pas avoir de doute sur l’existence réelle de l’ornithorynque…

Un autre scientifique, Robert Knox, croyait tout simplement à l’oeuvre d’un taxidermiste asiatique qui aurait cousu un bec de canard sur animal ressemblant à un castor.

Ces deux derniers ont cherché bien longtemps les points de couture sur l’animal mais sans jamais en trouver un seul ! L’Ornithorynque serait donc bien réel ?

L’animal est alors devenue une énigme scientifique à résoudre. De nombreuses recherches et expéditions ont été menées, afin de répondre à toutes les questions que suscitaient cette bizarrerie de la Nature.
Ce n’est même qu’en 1884, soit près de 100 ans après sa découverte, que les scientifiques admettent que ce mammifère pond des œufs ! Et ils ne sont pas au bout de leurs surprises !

 

Attends, mais c’est super doux comme bestiole !

Encore une fois, quand l’Homme fait une découverte, il faut qu’il en tire un profit ! C’est donc sans surprise que la fourrure de l’animal fut sujet de chasse et massacre en tout genre. Le but étant de faire du pognon en vendant un pelage très doux, idéal pour se faire mousser aux soirées mondaines :).

Pour chasser l’ornithorynque, rien de plus simple ! Les chasseurs commençaient par étourdir le petit mammifère en tirant un coup de feu de gros calibre dans les rivières qu’il fréquentait. À la suite de quoi, ils envoyaient leurs chiens pour rapporter l’animal.
On raconte que, plus d’une fois, des chiens se sont fait piquer par les éperons venimeux de mâles ornithorynques, et que certains en sont morts. C’est d’ailleurs comme cela que l’on sait que le venin peut tuer un chien.

Certains furent même chassés pour le simple plaisir du « sport ».

Le commerce des peaux a réellement cessé à partir des années 1920. D’une part, parce que la chasse à l’ornithorynque était interdite depuis le début du XXe siècle dans pratiquement tous les États australiens. D’autre part, la fourrure elle-même n’avait pas une qualité suffisante pour mériter d’être exportée. Le rapport n’était donc pas assez intéressant pour continuer de le chasser.

Bah oui ! Vous imaginez bien que si son pelage était extraordinaire, on continuerai à les massacrer à tour de bras !

2 bébés ornithorynques
Imaginez un peu la belle paire de moufles !

L’Ornithorynque : un animal unique au Monde

La plupart des humains ont fait la connaissance de l’ornithorynque seulement en 1939, lorsque le magazine « National Geographic » publia un article sur ce monotrème et sur les efforts faits pour son étude et son élevage en captivité. C’est d’ailleurs une tâche difficile qui a connu peu de succès depuis cette époque.

Avec son apparence atypique, il intrigue encore beaucoup. Si je devais le décrire physiquement, je dirais que c’est une sorte de petit castor avec un bec et des pattes de canard. Mais soyons plus précis.

Ce petit animal recouvert de fourrure ne dépasse guère les 2,5kg maximum et mesure entre 40 et 50cm. Sa queue, elle aussi recouverte de poils, mesure environ 12cm et lui sert à se diriger sous l’eau mais également de réserve de graisse.

Un mammifère, oui, mais qui ne fait rien comme les autres mammifères. Tout ça pour sortir du lot ! Il fait partie de l’ordre des monotrèmes qui regroupe 2 familles :

  • Celle des ornithorhynchidés, dont le seul représentant est l’Onithorynque
  • Et celle des echidnés qui comporte 4 espèces.

 

Un mammifère qui pond des œufs

Bien qu’il y ai eu quelques doutes, l’ornithorynque est bel et bien un mammifère. Nous en sommes désormais certains. Pour preuve, la femelle allaite ses petits. Cependant pour éviter de faire comme tout le monde, les glandes mammaires de la femelle ornitho sont très peu développées et sans mamelon. Les petits ne peuvent donc pas téter, mais lèchent le lait qui s’écoule le long des poils du ventre de leur mère.

œuf d’ornithorynque à côté d'un doigt humain pour se rendre compte de la taille
Une des très rares photos d’œuf d’Ornithorynque

Mais de tous les mammifères de la planète, il fait partie des très rares espèces à pondre des œufs ! Oui oui, comme un oiseau, la femelle pond 2 à 3 œufs qu’elle couve durant une douzaine de jours. Et quand les petits éclosent, ils tètent.

 

Comme un poisson dans l’eau

L’ornithorynque vit essentiellement dans l’eau : il ne quitte l’élément liquide que pour se reposer à terre, dans son terrier qui s’ouvre directement sur la berge de la rivière.

Lorsque l’animal plonge, une membrane vient fermer ces organes pour les protéger, ce qui le rend complètement sourd et aveugle sous l’eau. Il repère le plus souvent ses proies grâce à des détecteurs de champ électrique, situés sur sa mâchoire.

Les quatre pattes de l’ornithorynque sont palmées. Quand il nage, il se propulse par des battements alternatifs de ses pattes avant, sa queue et ses pattes postérieures l’aident à se diriger, mais non à se propulser.

Terrier d'Ornithorynque
Illustration d’un terrier d’ornithorynque

 

Équipé de l’électrolocalisation

Les monotrèmes sont les seuls mammifères à être dotés du sens de l’électroperception. Pour vous expliquer brièvement, ils peuvent en partie localiser leurs proies en détectant le champ électrique produit par les contractions musculaires des crustacés et petites larves. Cette fonction sensitive est essentiellement située dans le bec de l’animal.

L’électrolocalisation de l’ornithorynque est la plus sensible de celles de tous les monotrèmes.

 

Attention, venin !

Hormis quelques musaraignes dont la salive est venimeuse, les monotrèmes sont les seuls mammifères à venin. Et encore, chez les échidnés cet appareil n’est-il plus fonctionnel.
L’ornithorynque est donc le seul mammifère à être encore réellement venimeux.

Seuls les ornithorynques mâles sont équipés d’aiguillons venimeux. Ils peuvent véritablement blesser un homme grâce à ce moyen de défense. Lorsqu’il se sent menacé, l’animal rapproche ses deux pattes postérieures l’une de l’autre et plante ses éperons dans tout ce qui s’approche de lui.

Le venin n’est pas réellement dangereux pour l’homme, mais il est très douloureux. La piqûre entraîne une violente douleur et une enflure qui se propage rapidement à tout le membre. Cette inflammation peut durer plusieurs jours. Dans certains cas, on a même observé un effet de somnolence pendant quelque temps, peut-être lié à l’intensité de la douleur. Il est même arrivé que la souffrance et l’inflammation durent plusieurs semaines avant de disparaître complètement.

Le venin est cependant assez puissant pour tuer de plus petits animaux comme les chiens (ce que vous avez lu plus haut, si vous n’avez pas dormi entre temps).

Aujourd’hui, on ne connaît toujours pas d’antidote. En cas de piqûre, on se contente de traiter par des analgésiques et un vaccin antitétanique si besoin.

 

Où le voir dans son milieu naturel ?

Oui ! Car la vrai question est bien là ! On se fout bien de pouvoir regarder ces animaux derrière une vitre de parc zoologique. Alors où peut-on observer des ornithorynques dans leur milieu naturel ?

Exclusivement australien, l’ornithorynque ne se rencontre, en fait, que dans l’Est du pays. Vers le Nord, dans le Queensland, il ne dépasse pas la ville de Cooktown. Vers le Sud, il occupe une bonne partie de l’État de Victoria et toute l’île de Tasmanie. Très dépendant de l’eau, il vit toujours près de rivières.

Carte de répartition de l'ornithorynque sur le territoire australien
Carte de répartition de l’ornithorynque en Australie

J’ai eu la chance de pouvoir observer cet animal extraordinaire évoluer dans son milieu naturel pendant plusieurs jours. Où ?

Dans le Eungella National Park – Queensland.

Ce National Park assez haut perché, vous offre un coin de fraîcheur idéal au milieu de la forêt luxuriante et des multiples cours d’eau qui la traverse. Un petit coin de paradis pour les Ornithorynques !

Dans le parc, vous trouverez facilement un coin pour camper et ainsi prendre tout votre temps pour observer ces animaux fabuleux. Pour l’observation, quelques passerelles sont misent en place le long de la rivière principale et vous permettront de patienter silencieusement qu’un bec vienne faire surface.

Vous ne pouvez assister à ce spectacle qu’en tout début et fin de journée. Ce sont les seuls moments où les ornithorynques se montrent un peu. Le reste de la journée, partez à la découverte de la faune australienne autour de vous. Pour les amateurs de reptiles, de nombreux varans se baladent, des tortues d’eau, lézards en tout genre et serpents ! Le pied quoi !

Les autre animaux ne sont pas en reste et vous pourrez observer de très nombreux oiseaux, mammifères et insectes.

Bonne découverte ! 😉

 

Le saviez-vous ?

Il y a une quinzaine de millions d’années évoluait en Australie un ornithorynque géant (Obdurodon tharalkooschild) qui aimait apparemment se nourrir de tortues. Celui-ci avait de bonnes dents contrairement à l’ornithorynque actuel qui n’en a pas ! 🙂

reproduction d'un ornithorynque géant qui vivait en australie
Voici à quoi ressemblait cet ornithorynque de plus d’1 mètre

 

Et vous ? Etes-vous déjà allé observer les Ornithorynque en Australie ? Si oui, j’attends vos spots et vos conseils ! 😉

 

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