La Coronelle lisse – une voisine discrète

Petite couleuvre inoffensive au corps fin et allongé, la Coronelle lisse (Coronella austriaca) est un serpent très discret. Pour avoir la chance de le croiser, il faut savoir ouvrir grand les yeux et être très patient ! Je viens seulement de rencontrer mon premier spécimen après des années passées dans la nature française à la recherche de serpents. Je vous la présente donc :

 

Pourquoi « lisse » ?

Son nom latin est Coronella austriaca (qui signifie « Coronelle autrichienne ») en référence au pays dans lequel elle a été découverte en 1768. Quel rapport avec « Coronelle lisse » alors ? Aucun ! 🙂

Nous la nommons « Coronelle lisse » à cause de ses écailles qui ne présentent aucune aspérité. En effet, ces dernières ne sont pas carénées contrairement à sa cousine la Couleuvre vipérine (Natrix maura) par exemple. L’aspect de ce serpent est donc généralement lisse et brillant. Pas besoin de chercher plus loin que ça !

Pour la petite histoire : Ce nom est issu de son ancien nom latin (Coluber levis) décrit en 1789. Qui, soit dit en passant, était une faute d’orthographe faite par Bernard-Germain de Lacépède, un zoologiste de l’époque un peu fâché avec l’orthographe… Et oui ! « lisse » en latin, ça se dit « laevis » et non « levis » Monsieur de Lacépède !

Coronelle lisse en Touraine
Petit tour dans l’herbe sèche (juste pour la photo) ©Thomas Pallès

Son habitat

La Coronelle lisse affectionne tout particulièrement les endroits chauds et secs comme les lisières de haies, de broussailles, les vieux murs en pierre et les voies ferrées abandonnées.

On la rencontre sur la quasi-totalité du territoire français et dans une grande partie de l’Europe. C’est une espèce plutôt répandue mais qui, comme dit plus haut, reste difficile à observer car très discrète.

Habitat Coronelle lisse
Répartition de la Coronelle lisse en Europe

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La Coronelle lisse se nourrit principalement d’autres reptiles, avant tout d’orvets et autres lézards, parfois de petites vipères, voire même de congénères. Les juvéniles se nourrissent surtout d’insectes jusqu’à ce que leur taille leur permettent de s’attaquer à plus gros.

La part des rongeurs dans son régime alimentaire varie selon son habitat. S’il y en a, elle en mange mais elle n’en raffole pas pour autant. La Coronelle, comme tous les serpents constricteurs (non-venimeux), enroule son corps autour de sa proie pour la tuer avant de l’avaler tout rond.

La coronelle lisse ou Coronelle austriaca est un discret serpent de France
La coronelle lisse (Coronella austriaca), une voisine discrète ©Thomas Pallès

Serpent sans défense oui mais…

La Coronelle reste confrontée à de nombreux prédateurs, avant tout des rapaces grâce à leur vue perçante, mais aussi des satanés chats domestiques.

Effectivement, la Coronelle lisse est loin d’être un serpent dit « dangereux ». Elle n’en est pas pour autant une proie facile grâce à plusieurs atouts que voici :

  • L’imitation : Quand elle se sent en danger, la Coronelle imite fréquemment la vipère. Pour ce faire, elle aplatit son corps et sa tête prend alors une forme triangulaire.
  • L’intimidation : Elle peut dans certains cas (plus rarement) souffler et se dresser pour intimider son agresseur. Comme le ferait un Cobra (dans une moindre mesure).
  • La discrétion : La Coronelle lisse mène une vie très discrète et c’est là son atout majeur. Une fois sortie de sa cachette, elle se déplace presque toujours à l’abri de la couverture herbacée. Ses mouvements sont lents et tellement doux qu’il est presque impossible pour les prédateurs (et pour nous) de la percevoir. S’il est dérangé, ce serpent se fige et ne se remarque que difficilement. De plus, son activité est le plus souvent crépusculaire voire nocturne en été.
Manipuler une Coronelle lisse
Manipulation par des enfants lors d’une sortie découverte. Attention ! La manipulation de cette espèce est soumise à autorisation. ©Thomas Pallès

Pour aller plus loin

Si le temps est clément, on peut commencer à les observer en France à partir d’avril et ce jusqu’à fin septembre. Si vous êtes dans une région matérialisée en orange dans la carte (voir plus haut dans l’article), prospecter le long des haies, pierriers et lignes de chemins de fers abandonnées, exposé plein Sud de préférence, au lever ou au coucher du soleil par temps chaud. Ayez le regard vif et armez-vous de patience ! 😉
L’espèce est ovovivipare et ne pond donc pas d’œuf. Les accouplements ont lieu en sortie d’hiver et la gestation dure 4 à 5 mois. Entre septembre et octobre, la femelle donne naissance entre 3 et 15 petits en moyenne.

Un individu adulte mesure entre 50 et 70 cm et pèse seulement 60g maximum.

Elle peut vivre jusqu’à 18 ans dans la nature.

Coronelle lisse, Coronella austriaca
Coronelle lisse (Coronella austriaca) ©Thomas Pallès

 

 

 

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