L’orvet fragile – Un lézard pas comme les autres

Souvent confondu avec un serpent, l’Orvet fragile (Anguis fragilis) est bel et bien un lézard complètement inoffensif. La particularité d’être un lézard apode (sans patte) lui vaut bien souvent de se prendre un coup de pelle par les moins éduqués d’entre nous…

 

Vraiment fragile ?

Tout comme la Coronelle lisse, l’Orvet fragile porte bien son nom.

En effet, l’orvet est un lézard qui a la faculté de se séparer de sa queue s’il se sent menacé. S’il est saisi un peu trop fermement, sa queue se détachera automatiquement de son corps et celle-ci ne repoussera que partiellement (sous forme de moignon).

Cette technique lui permet d’échapper aux prédateurs en laissant sa queue se faire dévorer pendant qu’il prend la fuite. Mais, il ne peut faire cette parade de détournement d’attention qu’une seule fois dans sa vie.

anguis fragilis, orvet fragile dans son biotope
L’Orvet tranquillement installé dans son biotope ©Thomas Pallès

Un lézard apode

Tout comme nous avons perdu beaucoup de nos poils avec l’évolution car nous n’en avions plus besoin pour nous réchauffer en hiver, l’Orvet, lui, a perdu ses pattes car elles le ne lui servaient plus à se déplacer et devenaient même gênantes.

Attention, ce n’est pas parce qu’il est dépourvu de patte qu’il devient un serpent ! Ce sont deux reptiles bien différents.

La seule et unique différence indéniable entre les lézards et les serpents, c’est la mobilité chez les serpents de « l’os de carré », qui relie la mâchoire inférieure et supérieure ensemble. Ce qui permet à ce dernier d’avaler des proies bien plus grosses que lui. À l’inverse, les lézards et les autres animaux (y compris les humains), doivent mâcher leur nourriture. Je rentre un peu plus dans les détails dans cet article.

orvet fragile est un lézard apode
Manipulation d’un Orvet fragile (attention, toute manipulation de ce reptile est soumise à autorisation) ©Thomas Pallès

Une espèce sensible

L’orvet a bien sûr de nombreux prédateurs naturels comme les rapaces, les serpents dont la Coronelle lisse et quelques mammifères. Mais une seule espèce menace réellement l’existence ce joli lézard apode. Vous l’aurez deviné de vous même je suppose : l’Homo sapiens ! Encore nous ! 🙂

Plusieurs raisons à cela :

sa ressemblance avec un serpent lui vaut souvent la peine capitale par les jardiniers sans négociation possible.

– la mort accidentelle due aux tondeuses à gazon et autre outillage de jardin.

– les pesticides et autres désherbants utilisés en masse dans notre pays, qui atteignent les petits invertébrés dont l’orvet se nourrit directement.

les chats ! Et oui, ce n’est pas la faute des félins s’ils jouent avec les orvets. C’est avant tout la notre, car nous les introduisons dans un milieu naturel dans lequel ils n’ont pas leur place. Pour en savoir plus à ce sujet, je vous invite à lire cet article. 

l’urbanisation toujours aussi expansive

– et une agriculture française ridiculement intensive évidemment…

orvets fragiles adultes
Deux beaux orvets adultes trouvés sous une plaque dans un jardin (attention, toute manipulation de ce reptile est soumise à autorisation) ©Thomas Pallès

 

Quelques gestes tout simples pour prendre soin de la population d’orvets de votre jardin :

remonter la hauteur de coupe de la tondeuse pour éviter de les hacher systématiquement. En plus votre terrain en sera plus joli, vous verrez 🙂

ne pas utiliser de motoculteur et autre aide mécanique pour retourner la terre. La grelinette est un super outil qui vaut largement un motoculteur, les dégâts sur la faune en moins.

Basta les pesticides, anti-limaces, désherbants et autres produits chimiques. Votre jardin n’a pas besoin de ça et vous nous plus !

– Si possible, laisser un coin de jardin non exploité avec des branchages ou des cailloux qui feront un abris idéal à la faune sauvage y compris l’orvet.

– Ne laissez pas de chat en liberté dehors, ce n’est pas leur place.

Aucun coup de pelle sur n’importe quel reptile que ce soit. Ce n’est cool ni pour eux, ni pour vous et c’est puni par la loi !

L’orvet fragile en chiffres

C’est en moyenne son espérance de vie dans la nature.
C’est le record du plus vieil orvet (Anguis fragilis) en captivité !
C’est la taille d’une grande femelle adulte (plus grosse que les mâles qui ne font en général que 30 à 40cm).
C’est l’âge auquel la femelle atteint sa maturité sexuelle.
C’est le nombre de petits que peut compter une portée (ce lézard ne pond pas d’œuf mais donne bien naissance directement à ses petits).
plus grand orvet france
Et voici le plus gros orvet fragile que j’ai pu trouver en France. Une femelle bien évidemment ! ©Thomas Pallès

N’hésitez pas à apporter votre contribution à cet article en décrivant vos actions pour prendre soin de cette faune dans votre jardin ! 😉

 

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